- par Jérôme CASSE -
- LE BON ET LE MOINS BON... ET INVERSEMENT -Le traitement de l’histoire est quant à lui bien lisse et s’en dégage une quantité de clichés repoussants. Et les personnages n’y échappent pas. La mère tout d’abord (Zabou Breitman), envahissante, exaspérante, un brin cul-cul la praline, qui semble errer dans sa maison tel un fantôme, en quête d’une proie à enquiquiner et non à effrayer, si ce n’est par le vide qu’elle dégage. La faute à Zabou Breitman ? Pas évident d’en juger. Peut-être la faute à l’inconsistance du scénario quant à l’épaisseur de ce personnage ? Vient ensuite le père, interprété par un Jacques Gamblin qui sauve les meubles, grâce à l’aspect lunaire qu’il dégage, donnant un peu plus de matière et de carrure à ce rôle de papa, fumeur actif et chef de famille passif. Puis, il y a leurs enfants, à savoir l’aîné, Albert (Pio Marmai), étudiant en médecine puis chirurgien esthétique en quête de sens, sûr de lui la plupart du temps et parfois violent ; Raphaël (Marc-André Grondin), ado-adulte glandeur aux cheveux longs et œnologue à ses heures perdues ; et enfin Fleur (Deborah François), la petite dernière, rebelle et grunge vivant ses premières expériences sexuelles et les déboires qui semblent fatalement les accompagner. A noter que les jeunots s’en sortent bien, grâce à leur jeu d’acteur, même si encore une fois le scénario et les dialogues font défaut. - Yaourt et menthe à l'eau - Voilà une jolie petite famille que l’on croirait sortie toute droit d’une publicité pour yaourt. Sans rire. Le cadre de vie et les vêtements qu’ils portent n’ont rien à envier au côté artificiel, lisse et calculé qui se dégage de ce portrait un brin niais. Et les ingrédients pour la réalisation de celui-ci sont tous là : une relation mère-fille houleuse (la fille détestant la mère, celle-ci ne voulant que son bien) ; un aîné arrogant, fortiche en études mais rebelle malgré lui ; un cadet floqué de baskets et de t-shirts à la mode MTV, rêveur et joueur de jeux-vidéos. Rajoutez à cela quelques évènements tragiques venant guérir les déchirements familiaux (peu crédibles) qui surviennent au long du film, des moments de joies en famille là encore sortis d’un film publicitaire (sourire Email Diamant, complicité tapageuse) et pour finir une fin à l’eau de rose et tellement convenue (sortez vos mouchoirs !), vous obtenez une recette bien fade à ne servir qu’à un public friand de ce genre de plats … ou à garder dans un tiroir. Pour une cuisine un peu plus raffinée dans le genre « tranches de vie » je vous conseillerai les films de Klapisch, en raison de leur sincérité et de leur capacité à toucher. Pour le portrait familial, consommez sans modération l’irrésistible Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valérie Faris, loin du sirupeux, édulcoré et auto-suffisant Le premier jour du reste de ta vie
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